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Gestion & bail

Réussir son état des lieux d'entrée et de sortie

L'état des lieux est un document qui décrit précisément le logement à l'entrée puis à la sortie du locataire. Depuis la loi ALUR et le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016, il doit être établi de façon contradictoire (en présence des deux parties), rédigé selon un contenu type et annexé au bail. La comparaison entre l'entrée et la sortie détermine les éventuelles réparations à la charge du locataire et le montant du dépôt de garantie restitué. Un état des lieux soigné, appuyé par des photos datées, est la meilleure protection contre les litiges de fin de bail.

Qu'est-ce qu'un état des lieux et pourquoi il est décisif

L'état des lieux est le constat écrit de l'état du logement et de ses équipements. Il est réalisé deux fois : une première à la remise des clés (état des lieux d'entrée) et une seconde à leur restitution (état des lieux de sortie). C'est la comparaison des deux qui fait foi : ce qui a changé entre l'entrée et la sortie, hors usure normale, peut être imputé au locataire. Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état, ce qui prive le bailleur de tout recours pour dégradations.

Le plus simple est de le rédiger directement dans un format structuré et horodaté : vous pouvez générer votre état des lieux en PDF avec photos et le faire signer par les deux parties le jour de la remise des clés. Un document propre, complet et illustré vaut bien mieux qu'un formulaire raturé rempli à la va-vite.

La valeur juridique : loi ALUR et décret 2016-382

Le cadre est fixé par la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, renforcée par la loi ALUR, et précisé par le décret n° 2016-382 du 30 mars 2016. Trois règles structurent tout état des lieux valable :

  • Obligatoire à l'entrée comme à la sortie : les deux constats doivent exister pour permettre la comparaison.
  • Contradictoire : établi en présence du bailleur (ou son mandataire) et du locataire, ou de leurs représentants, puis signé par chacun.
  • Annexé au bail : l'état des lieux d'entrée fait partie des annexes obligatoires du contrat de location.

Le décret impose aussi un contenu type : identité des parties, adresse du logement, date, relevés des compteurs, détail des clés, et description pièce par pièce de l'état des revêtements et des équipements. L'état des lieux de sortie doit reprendre la même trame que celui d'entrée pour que la comparaison soit lisible. Le bail lui-même, s'il est bien rédigé, prévoit d'ailleurs cette annexe : partez d'un modèle de bail conforme qui intègre l'état des lieux dès l'origine.

Qui établit l'état des lieux ?

Trois voies sont possibles, selon le niveau de neutralité recherché et la coopération des parties.

Modes d'établissement de l'état des lieux (loi ALUR, décret 2016-382).
ModeQui l'établitCoût
AmiableBailleur et locataire ensemble (ou leur mandataire, ex. gestionnaire)Gratuit
ProfessionnelAgent ou gestionnaire mandaté, quand la location est déléguéeFrais partagés et plafonnés
Commissaire de justiceEn cas de refus ou d'absence d'une partieFrais partagés, à l'initiative de la partie diligente

L'état des lieux amiable est le plus courant et ne coûte rien. Si vous confiez la location à un professionnel, l'état des lieux fait généralement partie de sa mission : c'est un des intérêts de la gestion locative déléguée, qui sécurise le contradictoire et la traçabilité. Enfin, en cas de refus d'une des parties de participer, le recours au commissaire de justice (ex-huissier) permet de dresser un constat opposable.

La méthode pièce par pièce

Un bon état des lieux se fait lentement, dans l'ordre, pièce après pièce. Pour chaque espace, décrivez les sols, les murs, les plafonds, les menuiseries (portes, fenêtres, volets) et les équipements. Employez un vocabulaire précis : « bon état », « état d'usage », « mauvais état », en localisant chaque défaut (« rayure de 10 cm sur le plan de travail, à droite de l'évier »).

Points de contrôle par type de pièce.
PièceÀ vérifier en priorité
Entrée / séjourSols, murs, plinthes, interrupteurs, prises, radiateurs
CuisinePlan de travail, évier, robinetterie, meubles, électroménager fourni, joints
Salle de bains / WCSanitaires, faïence, joints, chasse d'eau, ventilation, traces d'humidité
ChambresRevêtements, placards, fenêtres, occultants, mobilier si meublé
Communs / annexesCompteurs, clés et badges, cave, parking, boîte aux lettres

N'oubliez pas les relevés de compteurs (eau, électricité, gaz) et le décompte précis des clés, badges et télécommandes remis. Ce sont des points de friction fréquents à la sortie.

L'importance des photos

Les photos ne sont pas exigées par la loi, mais elles sont votre meilleure preuve. Une description écrite peut prêter à interprétation ; une photo datée, jointe au document signé, ne se discute pas. Photographiez chaque défaut de près et chaque pièce en plan large.

Pour que les photos aient une réelle valeur probante, elles doivent être annexées au constat signé par les deux parties, et non conservées séparément. C'est là qu'un outil dédié fait la différence : en construisant votre état des lieux illustré et horodaté, chaque cliché est rattaché à la pièce et au constat correspondant, dans un PDF unique que locataire et bailleur signent ensemble. À la sortie, il suffit de comparer les mêmes photos aux mêmes endroits.

Vétusté et usure normale

Tout ce qui se dégrade ne se facture pas au locataire. Il faut distinguer l'usure normale (peinture qui ternit, moquette qui se patine avec le temps), qui reste à la charge du bailleur, de la dégradation (trou, brûlure, casse), imputable au locataire. Pour objectiver cette frontière, les parties peuvent convenir d'une grille de vétusté.

La grille de vétusté est facultative. Le décret n° 2016-382 permet aux parties de s'y référer d'un commun accord, mais aucune ne peut être imposée à l'autre. Prévue dès l'entrée, elle applique un abattement pour vétusté selon l'âge de l'équipement et évite bien des désaccords à la sortie.

Les étapes d'un état des lieux réussi

Suivez cet ordre, à l'entrée comme à la sortie, pour ne rien oublier :

  1. Fixez un rendez-vous en plein jour, logement vide et éclairé, avec les deux parties présentes.
  2. Préparez le document type et, à la sortie, l'état des lieux d'entrée pour comparer.
  3. Relevez les compteurs (eau, électricité, gaz) et inventoriez les clés, badges et télécommandes.
  4. Parcourez chaque pièce dans le même ordre : sols, murs, plafonds, menuiseries, équipements.
  5. Qualifiez chaque élément (bon état, état d'usage, mauvais état) et localisez chaque défaut.
  6. Photographiez chaque pièce en plan large et chaque défaut en gros plan.
  7. Relisez ensemble, corrigez les désaccords, puis faites signer les deux parties.
  8. Remettez un exemplaire signé à chacun et conservez la version PDF avec ses photos.

Restitution du dépôt de garantie

L'état des lieux de sortie déclenche le compte à rebours de la restitution du dépôt de garantie (au maximum 1 mois de loyer hors charges en location nue, 2 mois en meublé). Les délais dépendent de la conformité constatée :

Délais de restitution du dépôt de garantie (source : service-public.gouv.fr).
SituationDélai maximumEn cas de retard
État de sortie conforme à l'entrée1 moisMajoration de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé
Retenues justifiées (dégradations, impayés)2 moisMême majoration de 10 % par mois de retard commencé

Toute retenue sur le dépôt doit être justifiée par des pièces : devis, factures, comparaison des états des lieux, photos. C'est exactement là qu'un état des lieux d'entrée détaillé et illustré paie : sans base de comparaison, une retenue est fragile et facilement contestée. Détails sur les délais et le calcul de la majoration côté administration.

Que faire en cas de litige

Si le locataire conteste des retenues ou si le dépôt n'est pas restitué dans les délais, la première étape est une lettre recommandée rappelant le décompte et réclamant la somme, majoration comprise le cas échéant. En l'absence d'accord, la commission départementale de conciliation offre une voie gratuite et amiable ; à défaut, le juge des contentieux de la protection peut être saisi. Dans tous les cas, le dossier se gagne sur les preuves : deux états des lieux comparables, signés, avec photos.

Un bail solide et un état des lieux soigné forment un tout. Pour bien démarrer la location, appuyez-vous sur un bail conforme à la loi ALUR auquel vous annexez l'état des lieux d'entrée dès la signature.

Questions fréquentes

Oui. La loi impose un état des lieux d'entrée et un état des lieux de sortie, établis de façon contradictoire et annexés au bail. Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé avoir été remis en bon état, ce qui empêche le bailleur d'imputer d'éventuelles dégradations au locataire.

Le logement est réputé avoir été loué en bon état, sauf preuve contraire apportée par le bailleur. Concrètement, il devient très difficile de retenir des sommes sur le dépôt de garantie pour des dégradations, faute de point de comparaison à la sortie.

Les photos ne sont pas exigées par la loi, mais elles sont fortement recommandées. Pour avoir une valeur probante, elles doivent être datées et annexées au constat signé par les deux parties. Un état des lieux en PDF avec photos rattache chaque cliché à la pièce concernée, ce qui sécurise la comparaison à la sortie.

L'usure normale résulte du temps et d'un usage conforme (peinture qui ternit, sol qui se patine) et reste à la charge du bailleur. La dégradation résulte d'un défaut d'entretien ou d'un dommage (trou, brûlure, casse) et est imputable au locataire. Une grille de vétusté, facultative, aide à objectiver cette frontière.

Non. Le décret n° 2016-382 la rend facultative : elle s'applique seulement si bailleur et locataire en conviennent, de préférence dès l'entrée. Elle prévoit un abattement pour vétusté selon l'âge des équipements et réduit les désaccords lors de l'état des lieux de sortie.

Le bailleur dispose d'un mois maximum lorsque l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, et de deux mois maximum en cas de retenues justifiées. Passé ce délai, le dépôt dû est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard commencé.

Oui, mais toute retenue doit être justifiée par des pièces : comparaison des états des lieux, photos, devis ou factures de remise en état, ou loyers et charges impayés. Une retenue non justifiée peut être contestée et donner lieu à un remboursement, éventuellement majoré en cas de retard.

Il peut être fait à l'amiable et gratuitement par le bailleur et le locataire, par un professionnel mandaté lorsque la location est déléguée (frais partagés et plafonnés), ou par un commissaire de justice si une partie refuse d'y participer (frais partagés, à l'initiative de la partie diligente).

Publié le 26/07/2026 · Mis à jour le 26/07/2026. Les montants cités renvoient aux sources officielles. Cet article ne constitue pas un conseil personnalisé.

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